Melancholy Porn

22 mars 2013

Mardi, je suis retourné dans mon ancien lycée. Un internat dans lequel j’ai passé deux ans.

Eglise-Saint-Denis-a-Athis-Mons

Depuis mon départ il y a 5 ans, je n’y avais jamais remis les pieds. Dans ces murs, je me suis construit et j’ai beaucoup appris. J’ai fait des bêtises et des découvertes. J’ai été délégué de tous les étudiants, amis avec certains surveillants, la bête noire d’autres. Deux ans durant lesquels j’ai pu expérimenter des trucs, apprendre sur les gens. J’en suis sorti beaucoup plus fort, décidant de ne pas faire une troisième année dans ce lieu où j’étais trop bien et qui commençait à me nuire.

Mardi, j’arrive à St Charles à 18h30. L’heure de l’étude obligatoire. Je traverse tout l’établissement à pied.

Trois pas et je suis déjà totalement ivre. J’ai habité ce lieu durant 2 ans et je le connais encore par coeur. Beaucoup trop de souvenirs, beaucoup trop d’images. Chaque petit coin, banc, couloir est un shoot de mélancolie.

Je me vois en train de discuter dehors les longs soirs de printemps avec mes camarades de l’époque. Je me vois planquer les clopes, guetter les pions. Je me vois vivre des instants de grace, à une époque où on ne se posait pas trop de questions. On était là pour les cours, pour le soir, pour la nuit, pour les potes, pour les filles. On était tous dans le même bateau. On arrivait le lundi matin et on rentrait le vendredi soir, pas de parents, que des surveillants. En vrai on était vachement libre, beaucoup plus que des lycéens classiques, ceux qui négocaient leurs sorties. Nous n’avions rien à négocier, on volait, on transgressait. C’était un super jeu.

Mardi, je dîne là-bas. À la table des adultes. Trente minutes au self à avoir l’impression d’assister à un remake de mon adolescence. Même histoire avec d’autres acteurs. Je me surprends à envier ces ados et ce qu’ils vivent. Cette routine délicieuse et rassurante, cette intimité quand le soir, l’établissement (école — collège — lycée — BTS) devient un village. Je regarde des filles squatter la table à laquelle j’ai pris le petit déjeuner, déjeuner et dîner durant deux ans.

Un vrai trip, inspirant et en même temps totalement désespérant. Je ne sais pas si un jour je revivrais des moments aussi simples, aussi frais et aussi doux.

You Might Also Like

6 Commentaires

  • Reply LeReilly 22 mars 2013 at 14 h 05 min

    Amusant qu’on parle plus ou moins du même truc le même jour.

    Je crois que c’est le printemps.

  • Reply khanon 22 mars 2013 at 14 h 23 min

    J’ai fais la même y’a pas longtemps, un sacré coups de nostalgie à digerer.
    Si un jour t’as l’occasion d’y retourner avec tes potes de l’époque, attends toi à des larmes.

  • Reply Cristophe 22 mars 2013 at 15 h 15 min

    Le jour où je suis retourné dans mon lycée, j’avais eu jusque là l’impression de l’avoir quitté la veille ; je n’ai plus eu du tout la même impression quand j’ai vu les élèves : des gamines et des gamins.

  • Reply FELIX LE CHAT 22 mars 2013 at 16 h 35 min

    « En vrai ont était vachement libre » tu voulais dire on tétait ? essaye plutôt  » on était « , encore mieux  » nous étions »
    « rien à négocier » plutôt que « rien a négocier »  » petit déjeuner » plutôt que « petit-déjeuner »

    Sinon c’est bien.

    • Reply Guillaume Natas 22 mars 2013 at 16 h 41 min

      Merci, c’est corrigé.

  • Reply Maureen 25 mars 2013 at 1 h 37 min

    « 18h, étude surveillée ». Ça me rappel tellement de trucs, j’ai envie de pleurer tiens.

  • Leave a Reply