Harcèlement de rue : Au vent qui tourne doucement

29 avril 2014

stop-harcelement-de-rue-215484_w480C’est devenu une fatalité. Pour une fille, sortir dans la rue est tout naturellement devenu synonyme d’emmerdes. On s’amuse même des « Mesdemoiselles, vous êtes charmante », on rit des « T’as pas un 06 », des sifflements, on s’offusque mollement des « T’es bonne » et des « T’es une pute ». C’est dans notre culture, dans la vie de nos amies, de nos copines, des filles de notre famille, de leurs amies. Depuis des années, en France, les filles ne peuvent pas se promener la nuit en souriant, porter des jupes ou des décolletés. Je crois qu’on l’a accepté.

Mais depuis quelques semaines, ça gueule de plus en plus fort. Ça occupe les conversations, les flux Facebook. On en parle, on en reparle, on insiste, on conseille, on décortique et on analyse. Enfin, le pénible travail des féministes agressives, gueulardes et acharnées a porté ses fruits. On cesse, petit à petit de trouver ça normal. On cesse d’accepter et d’oublier. Les filles racontent, décrivent et se plaignent.

Le vent tourne doucement. Les gens prennent conscience, à force de répéter et d’insister. Il faut continuer dans ce sens. Le harceleur doit être marginalisé, humilié, nous aurons gagné lorsqu’aux yeux de tous, il sera aussi choquant de chier sur le siège d’un bus que d’emmerder la fille assise à côté de nous.

Dans ce combat, qui est loin de n’être qu’une affaire de fille, le rôle des mecs est primordial et pas seulement à travers un rôle de mari, de frère ou d’ami. Car l’attitude de ces fils de pute nous stigmatise de la pire manière. Nous fait passer pour des porcs et finalement réduit nos libertés. Il y a quelques mois, une internaute demandait aux hommes d’avoir l’élégance de changer de trottoir, la nuit lorsqu’ils croisent une femme. Pour la sécuriser, la rassurer. C’est aberrant, évidement, sauf que dans le contexte, c’est totalement compréhensif, au même titre que sur la voie publique il faut museler un molosse, même s’il est doux comme un agneau et qu’a la maison, on le laisser jouer avec les enfants. Même chose pour ceux qui défendent le droit d’aborder une fille dans la rue avec élégance et tacts. Eh bien non, pour le moment, ce n’est plus possible. Quand 49 interactions sur 50 sont pénibles pour une fille, la 50e ne sera perçue de la même manière et tant pis si celle-ci était susceptible de déboucher sur une magnifique histoire d’amour.

Le jour où ce sera terminé, le jour où l’écrasante majorité aura terminé de fermer sa gueule et de baisser les yeux, alors tout le monde sera plus libre. Nos rapports aux autres seront plus simples, la séduction, si chère à certains, le sera aussi. Alors continuons, contribuons à faire tourner le vent. Partageons les expériences, prenons la parole face à ceux qui minimisent ces faits graves et surtout, intervenons lorsque l’on est spectateur d’un truc sale.

Je suis un homme et je suis consterné par le harcèlement ordinaire et quand j’en suis témoin, j’interviens. Si vous êtes dans le même cas que moi, dites-le aussi.

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9 Commentaires

  • Reply Sélim Niederhoffer 29 avril 2014 at 16 h 43 min

    On en reparle la semaine prochaine.
    Tu connais mes positions, et c’est bien résumé : cette minorité de relous notoires mine le moral d’une majorité de filles…
    A suivre.

    • Reply Guillaume Natas 29 avril 2014 at 16 h 51 min

      Je connais tes positions et au final, ce sont aussi les miennes. Je pense juste que le contexte, aujourd’hui, ne se prête pas à ce « jeu ». 🙂

  • Reply Fred 29 avril 2014 at 17 h 43 min

    Je ne suis pas d’accord avec vous sur le côté « minorité ». Je vois vraiment énormément de mecs qui n’abordent pas dans la rue comme des gros porcs et qui pourtant sont des connards finis avec les filles (mais dans leurs têtes seulement).
    S’ils ne sont pas mis dans le même sacs que tous ces relous, ce n’est pas parce qu’ils sont respectueux mais juste qu’ils n’osent pas aller aborder.

    Intervenir quand on voit une scène d’harcèlement de rue, c’est très bien.
    Intervenir quand dans connaissances/potes/amis se comportent comme des blaireaux, c’est mieux.

    Le type que tu vas aller réprimander/insulter/tabasser dans la rue, il s’en fout de toi, tu ne vas pas le changer. Le mec que tu connais par contre, il sera surement plus enclin à écouter ce que tu as à dire.

    • Reply Mouais 29 avril 2014 at 18 h 23 min

      Il y a une difference entre se la jouer et vraiment agir comme ça, tous les mecs se la joue macho entre eux mais le sont pas avec une fille et certains sont même le total opposé quand ils sont en présence d’une fille.
      C’est une histoire de culture et d’éducation qui fait que la majorité des mecs agressif envers les filles sont arabes/noirs.

    • Reply Confetti 29 avril 2014 at 18 h 40 min

      T’es mignon, toi.

      En réalité, dans la majorité des cas, les harcèlement se passent lorsque la fille se trouve SEUL dans l’espace public. Je suis une très jolie femmes, et je n’ai quasiment jamais de problème lorsque je sort en compagnie de mon compagnon ou de copain.
      En revanche, dès que je met un orteil dehors pour me rendre seule d’un point A à un point B c’est un véritable festival. Sifflements, commentaires sur mes vêtements/ ma coiffure/ mon corps/ mon maquillage, regards intrusifs (et salissants), avances insistantes, blagues à mon sujet entre équipes de potes proférés bien afin pour que je les entende….. Ce que Natas suggère, c’est que plus d’hommes (ou de femmes) réagissent à ce genre de scènes sur l’espace public, dans lesquelles nous nous sentons bien souvent très seules, impuissantes, salies, humiliées. S’ils ne veulent pas faire front face aux agresseurs, un simple mot pour rassurer et soutenir la victime peux aider. …. « ne les écoutez pas, il sont ridicules », « ne faites pas attention, elle vous va très bien cette jupe » etc….

      • Reply Fred 29 avril 2014 at 18 h 48 min

        J’ai pas trop tilté si c’était à moi que tu répondais…

        Si c’est le cas, je suis tout à fait d’accord avec ce que tu viens de dire… J’ai même dis que c’était une très bonne chose à faire. Je rajoutais simplement que bosser en amont, sur les personnes que l’on cotoie dans nos cercles était une chose indispensable à faire.

        Ne pas traiter que les symptomes mais aussi s’attaquer à la cause.

  • Reply Laura 29 avril 2014 at 17 h 59 min

    J’apprécie l’article, moins l’emploi du terme « fils de pute ».

  • Reply Cristophe 1 mai 2014 at 18 h 56 min

    Consterné mais jamais intervenu encore.

    Tu lances une sorte de mouvement ?

  • Reply apaisant 3 mai 2014 at 17 h 28 min

    Pas trés lisible ce nouveau thème…

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