PARLONS D’HANNIBAL, LECTEUR.

13 mai 2014

Certaines oeuvres, à l’instar d’Alice au Pays des Merveilles, se révèlent particulièrement inspirantes et propices aux adaptations. Celle Thomas Harris est l’une d’elles. Les différentes relectures qu’elle a engendrées le sont tout autant. Peut-être plus.

Au départ, il y a quatre livres : Dragon Rouge, hésitant, Le Silence des Agneaux, poignant, Hannibal violent, un prequel intéressant… et un personnage, un magnifique méchant, fascinant, effrayant : Le Dr Lecter.

Hannibal

Anthony Hopkins ne s’en est jamais vraiment remis. Personne ne se souvient de son rôle de Hitler pour CBS, mais aucun n’a oublié sa silhouette derrière la vitre trouée ou son visage masqué. Il reste marqué par ce rôle, qu’il tiendra dans les adaptations des trois premiers romans, qui lui vaudront des dizaines de prix et qui feront connaître l’oeuvre de Harris au grand public. De bons films, qui oublient malheureusement Mischa Lecter, la petite soeur de Hannibal, subtilement évoquée dans les romans.

Hannibal-Mads

La série TV arrive quelques années plus tard, alors que Hannibal est rentré dans la culture populaire. Une oeuvre tout à fait incroyable dans laquelle Mad Mikkelsen nous fait oublier notre promesse de ne jamais oublier Hopkins, dans laquelle Freddy Lounds n’est plus un petit gros transpirant, mais une rousse incendiaire, dans laquelle Will Graham, courageux, et très « flic » dans Dragon Rouge – aussi bien le livre que le film – est un empathique traumatisé et dans laquelle Mason Verger a – encore – un visage.

Will-1

Bien plus que de reprendre avec opportunisme une franchise qui fonctionne si bien, Bryan Fuller l’exalte avec un talent terriblement complexant. Il invente un préquel de Dragon Rouge à travers lequel il profite du fait que chacun connaisse déjà l’histoire, ses évènements clefs, ses scènes cultes et ses personnages.

Les choses ne se passent jamais tout à fait comme on l’imagine, l’histoire dérive avec subtilité et intelligence, les rôles s’inversent, pour finalement reprendre leur place dans une valse poétique à la photographie parfaitement maitrisée. Les scènes de morts rivalisent de beauté avec celles d’Hannibal en cuisine. C’est funèbre, violent, beau, pornographique.

Si vous êtes de ceux qui n’ont pas encore goûté la viande humaine, lisez les livres, puis voyez les films, et enfin, délectez-vous de la série. Dans cet ordre. Prenez aussi un moment pour écouter Don Choa. Et bon Appetit.

Pour les autres, j’espère que vous prenez autant de plaisir que moi devant la série. Nous avons une chance folle, car nous regardons quelque chose d’extraordinaire.

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